Wild de Cheryl Strayed

Le livre

    Quand à 23 ans Cheryl perd sa mère d’un cancer, sa vie bascule. Elle voit sa famille se déliter, son frère, sa sœur et son beau-père devenir des étrangers. Elle sombre dans une profonde dépression et commence à avoir de nombreuses relations sexuelles avec d’autres hommes alors qu’elle est mariée, ce qui finit par lui coûter son mariage avec Paul. Après son divorse, elle plonge même dans la drogue, allant jusqu’à prendre de l’héroïne. A 27 ans, quatre ans après le décès de sa mère, elle se rend compte qu’elle doit réagir, qu’elle ne peut plus continuer à vivre comme ça. A la caisse d’un magasin, elle tombe sur un livre parlant du Pacific Crest Trail (PCT) qu’elle feuillette rapidement avant de le reposer. Elle reviendra l’acheter quelques jours plus tard et se décide à se lancer dans cette grande aventure. A travers ces 500 pages, nous suivons donc Cheryl pendant 3 mois le long de sa randonnée solitaire de 1 700 km sur le PCT, de la frontière du Mexique jusqu’à celle du Canada, en apprenant au passage plus sur son enfance. 

  Cheryl passe quelques mois à économiser pour pouvoir s’acheter le matériel nécessaire et à lire le fameux livre The Pacific Crest Trail, volume 1 : California. La veille de son départ, elle dort dans la chambre d’un petit motel à quelques kilomètres du départ du sentier. Le lendemain, elle se lève tôt et prépare son sac, fourrant tout son matériel et sa nourriture à l’intérieur et commence son long périple.

Mon avis

    C’est l’une des rares autobiographies que j’ai lu, et qui m’a été conseillée dans ma Kube du mois de décembre. Je l’ai beaucoup aimé, même si honnêtement, je n’étais pas super à l’aise sur les premières pages, quand elle parle plutôt en détail de la maladie de sa mère. Mais une fois ce malaise passé, ce n’était que du bonheur ! 

  J’ai vraiment été stupéfaite qu’on puisse avoir l’idée de s’attaquer à une randonnée pareille avec aussi peu de préparation :

[…] une boussole que je n’avais pas encore appris à utiliser et un livre qui m’expliquerait comment utiliser la boussole [..], que j’avais prévu de lire dans l’avion en allant à L.A. mais auquel je n’avais pas touché.

Je croyais bêtement que si j’additionnais toutes les choses dont j’aurais besoin pour ma randonnée, j’obtiendrais un poids total que je pourrais porter. Certes, les vendeurs de REI* (magasin où elle a acheté tout son matériel) *avaient plusieurs fois évoqué la question du poids lors de leurs soliloques, mais je n’y avais jamais vraiment prêté attention.

Et pourtant réussir. Elle a eu de nombreux soucis, comme se tromper de combustible pour son gaz, avoir des chaussures une pointure trop petite, perdre ses chaussures et devoir faire des kilomètres avec des tongues consolidées avec du scotch… Et pourtant elle s’est accrochée ! Malgré les nombreuses souffrances physiques (à l’arrivée, elle aura perdu six ongles de pieds) et les difficultés elle n’a pas abandonné et elle a terminé sa randonnée. C’est une vraie leçon de persévérance et de dépassement de soi, exactement ce que j’avais souhaité en demandant ma Kube. 

 J’ai également ris sur plusieurs passages, comme par exemple quand elle soulève son sac pour la première fois :

Je l’ai attrapé et je me suis penchée pour le soulever. Il n’a pas bougé. Je me suis accroupie, j’ai empoigné l’armature, et j’ai essayé à nouveau. Il ne bougeait toujours pas. Pas d’un pouce. J’ai essayé à deux mains, les jambes fléchies, en le serrant dans mes bras, en y mettant tout mon souffle, ma force et ma volonté, en donnant tout ce que j’avais. Toujours rien.

[…] une fois debout – ou, pour être plus précise, penchée dans une position vaguement verticale -, je me suis rendu compte que je tenais à la main la grille du climatiseur, arrachée sous l’effort.

Ou quand elle est en train de marcher sur un sentier, qu’elle voit une bête à cornes (un taureau texan) la charger et qu’elle hurle à plusieurs reprises ”élan !” tout en sachant que ce n’en est pas un. Ou quand elle croise un ours au milieu d’un chemin et qu’elle cri ”ours !”.

    Bref, je recommande ce livre, foncez ! Les paysages décrits sont magnifiques, on a vraiment l’impression de voyager avec elle, elle fait de belles rencontres humaines (et animales) et ça m’a donné envie de faire de grandes randonnées ! Alors peut être pas sur 1 700 Km et pendant trois mois, mais pourquoi pas commencer par une semaine 😉

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